La Critique

La recension nous obligeait à faire une légère pause dans l’exploration de notre liberté. Elle nous forçait à rendre plus objectivement compte du propos d’un livre, de sa structure et du style de l’auteur avant de le critiquer.

La critique renoue avec la liberté, parce qu’elle est dans une certaine mesure la plus inutile des pratiques : si l’art n’est pas vital, pourquoi la critique d’art (ou de restaurant) le serait-elle?

On pourrait donc affirmer que la critique n’est pas essentielle et qu’elle est loin de jouer un rôle capital pour le bien commun et la démocratie comme par exemple l’enquête ou le reportage.

Médiatiquement, la critique est le canari pour évaluer la santé de notre liberté d’expression. Dans quelle mesure peut-on se permettre d’égratigner, de heurter une production culturelle ou artistique?  C’est l’amplitude de la tolérance à la dissidence envers le pouvoir (politique, économique ou culturel) qui est évaluée par un examen entre le critique et son  objet.

La liberté d’expression n’est pas un thème, un sujet, c’est une mécanique, voire un lubrifiant essentiel dans toute la machinerie des délibérations qui accompagnent le vivre ensemble et la vie politique au sens concret et large.

La critique culturelle ne résout donc pas à sa dimension esthétique, comme Claude Vaillancourt le montre dans Hollywood et la politique. Josée Blanchette est probablement l’exemple le plus éloquent de ce qu’une critique, pigiste, peut accomplir.

Votre texte :

Trouvez le coeur, l’enjeu central (le quoi). Est-ce clair? Quelle est la position du réalisateur et pourquoi en arrive-t-il à cette thèse, c’est là que vous utilisez le PCAI. Comment communique-t-il sa thèse, la manière d’informer, de sensibiliser le public est-elle efficace, pertinente, cohérente?

Je vous propose donc la méthode suivante que la correction de vos recensions m’a inspirée: cherchez à identifier la thèse (ou de la démarche, s’il n’y a pas de thèse) -le fond, cherchez à comprendre sur quoi  elle repose. Ensuite, évaluez la réalisation en cherchant si c’est cohérent avec l’intention de communication de départ la forme.

Remise : même procédé que la semaine passée? Remise du brouillon le 7. Remise officielle le 14?

Décalage de la même nature pour le dernier texte, l’analyse.

Format de l’examen : texte à composer, en classe, dont le thème serait l’affaire Lagacé, lequel demandera l’intégration des éléments communiqués dans le cadre du cours. Sans doute une chronique CONTRE ou POUR le pt de vue d’un intervenant de l’actualité.

 

Publicités

La recension

Pour mon travail final (l’essai), j’aimerais remettre un texte qui touche à l’éducation. Une critique du cours ECR et de la place grandissante de la religion pourrait être une façon de retoucher  au sujet des Hassidim , mais aussi d’utiliser ma recension de l’ouvrage de Baril et Baillargeon, si c’est là dessus que je devais travailler.

Il me semble que l’idéologie de la tolérance, doublée notre propension à adhérer à la rectitude politique rend de plus en plus difficile la critique de la religion. Surtout que les accusations d’islamophobie et de racisme ne sont jamais bien loin.

Alors que le cours ECR devait permettre une certaine forme de progrès, il me semble que l’on assiste plutôt à un recul, est-ce que dans sa structure (voire sa nature) même, ce cours est problématique ou est-ce qu’on peut simplement le modifier pour l’améliorer.

Autre sujet? Je me passionne pour  l’enjeu dangereux de l’Oléoduc Énergie Est (avec toutes sortes de péripéties ces temps-ci). Je pourrais donc faire ma première recension sur Le piège Énergie Est, d’Éric Pineault.

En dehors de Cornellier, où puis-je trouver de l’inspiration pour la recension?

La revue Books

La NYR of books

Les cahiers de lecture de l’Action nationale 

La recension  est due le 17 octobre. Visez entre  700 et 1000 mots, c’est une bonne cible.

Pour le cours du 26 septembre, vous devez avoir écrit une courte critique d’une recension et vous devez proposer un sujet en apportant le livre en classe, insérez un lien pour que l’on découvre un média intéressant susceptible d’enrichir notre connaissance de l’actualité et des médias, ça peut être une revue, un site, un film, contribuer à la recension, à la critique ou à l’essai final. Vous avez donc 2 entrées du blog à rédiger.

Lectures : lire jusqu’à la p.167 du PCAI pour la semaine 8, nous nous intéresserons particulèrement aux sondages et aux graphiques dans la manipulation des chiffres par les médias.

 

L’art de la recension

Au Québec, Louis Cornellier fait un travail de moine en matière de recension. Il s’intéresse d’ailleurs généralement à des essais québécois.

Récemment, il a  proposé un compte rendu critique de deux livres : Lire religieux : la face cachée du cours Éthique et culture religieuse , sous la direction de Daniel Baril et Normand Baillargeon, et  Différence et liberté : enjeux de l’éducation au pluralisme de Georges Leroux. Ce qui est intéressant, dans son traitement, c’est qu’il propose de comparer les deux textes en initiant un débat : faut-il abolir le cours de Éthique et culture religieuse?

Nous avons ici un exemple de la transparence, de la rigueur et de l’honnêteté qu’exige une éthique journalistique rigoureuse, sans toutefois tomber dans une objectivité niaise. Cornellier prend position pour le cours et est plutôt incisif dans sa présentation de certaines thèses de l’ouvrage de Baril et Baillargeon :

Daniel Baril, enfin, assimile tout discours autre qu’hostile sur la religion à un discours religieux confessionnel et se scandalise qu’on enseigne aux jeunes que le chaman amérindien « a la réputation de pouvoir entrer en communication avec les divinités et les esprits » et que le bénédicité est récité par des millions de catholiques à travers le monde. Dans Le Devoir du 14 avril 2016, Georges Leroux, à raison, se désolait d’une telle posture.« M. Baril, écrivait-il, prône plutôt une laïcité de méconnaissance : il juge en effet préférable de méconnaître ce qu’il prétend combattre ou critiquer. »

La position pro-Leroux est donc claire et Cornellier nous informe de son biais, mais sa conclusion était-elle tirée avant qu’il ne rédige son compte rendu ou conclut-il honnêtement après avoir évalué chaque ouvrage à son mérite?

[C]omme l’écrit Georges Leroux, « l’inculture, philosophique, morale et religieuse, n’est pas une option », tout comme l’inculture scientifique ou littéraire d’ailleurs, on ne peut acquiescer à la proposition d’abolir le cours ECR.

Peut-être y a-t-il des vices fondamentaux à ce cours qu’une bonification ne pourra enrayer. D’ailleurs, si l’on consulte les documents ministériels circonscrivant le programme, on constate que certaines compétences prépondérantes donnent raison aux critiques qui y voient plus une forme d’endoctrinement qu’un cours véritablement objectif sur l’éthique et les religions.

Est-ce que ce cours nourrit plus l’inculture qu’il ne renseigne? À la lumière d’une lettre d’un enseignant, on serait porté à croire que oui, le cours peut parfois avoir des allures de foutoir  où on mélange tout et n’importe quoi, du moment que l’idéologie de la tolérance arrive à percoler.

Cornellier est-il si rigoureux? En fait, il présente quelques unes des thèses, mais sa manière d’opposer un livre à l’autre rend peut-être la démarche trop rapide pour que l’on puisse véritablement comprendre la structure et le propos de l’ouvrage critique.

D’ailleurs, la question de l’abolition est peut-être un faux dilemme, une manière de dévier pour éviter de véritablement examiner ce cours.

 

 

 

 

 

 

 

Chronique(s) exemplaire(s)

Ce billet est divisé en 2, d’abord des conseils pour la rédaction de la chronique, ensuite ma propre ébauche d’une chronique sur les Hassidim. Je l’écris simplement pour vous montrer comment je me suis documenter…

Conseils 

Voici une chronique d’Odile Tremblay intitulée «Taxi pour la mémoire»

Je pense que c’est un très bon exemple, lequel est très concret, de la liberté que confère la chronique. J’ai aussi trouvé quelques remarques sur la chronique dans le livre Foglia l’insolentun ouvrage grand public sur le célèbre chroniqueur, écrit par Marc-François Bernier, professeur au Département de communication de l’Université d’Ottawa. Je vous les transcris :

La chronique est un genre journalistique subjectif qui se distingue du compte rendu factuel, de l’analyse, de l’éditorial, de reportage, de la critique, etc. C’est avant tout un mode de narration, une façon de raconter les choses, et, dans le cas de la chronique d’humeur, de se raconter en même temps. Pas étonnant que le «je» y soit omniprésent.

En journalisme, rien n’est plus proche de l’écrivain que le chroniqueur. Plusieurs grands romanciers sont issus du journalisme, d’Honoré de Balzac à Truman Capote, en passant par Émile Zola et Tom Wolfe. Historiquement, le chroniqueur est héritier de la littérature. La chronique comme genre journalistique est apparue en même temps que la mutation de la presse d’opinion en presse d’information, au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. Les chroniqueurs ont alors succédé aux littéraires, non sans créer des débats rappelant la querelle des Anciens et des Modernes. La chronique était déjà du « nouveau journalisme » bien avant que cette expression ne se répande dans les années 1960 et 1970.

Cette transformation du journalisme répond aussi à l’arrivée de la télévision comme source d’information où l’écriture journalistique traditionnelle ampoulée et neutre ne correspond pas aux besoins narratifs d’un médium qui se démarque par son appel aux émotions et à l’affect, a besoin de scénario pour raconter l’événement, a besoin de mettre en scène les protagonistes et accorde une visibilité importante au journaliste comme individu, voire comme vedette. Par ailleurs, les tensions alors présentes dans la société américaine (mouvement des droits civiques, féminisme, irruption du rock’n’roll, mouvement pacifiste, etc.) favorisent le retour d’un journalisme plus engagé. Sans rejeter toute ambition de neutralité et de factualité, médias et journalistes préconisent un style subjectif, coloré, interprétatif qui fait appel à l’humeur, aux figures de style. […] Il [Foglia]  est le contemporain de cette réinvention du journalisme, avec de nouvelles formes d’écriture et de narration, où le reportage factuel se fond parfois dans la fiction, la frontière étant souvent brouillée.  (p.11-12)

Je pense que cela vous met en piste, dans ce texte de 14 pages issu des Cahier du journalisme, vous trouverez aussi les qualités du chroniqueur (surtout à la p. 42), je vous recommande la p.42 si vous avez peu de temps. 42 à 47 si vous en avez  plus et tout le document si vous voulez tout savoir.

Enfin, voici une EXCELLENTE chronique de Foglia le Sous-sol

Plus vous lirez de chronique de Foglia, plus vous comprendrez ce que j’attends de vous… Je vous encourage à en lire plein, même vieille, elles sont toujours pertinentes.

 

Ébauche 

Rappelez-vous que j’avais 3 textes pour m’informer sur le sujet, j’en ai trouvé un aujourd’hui dans la page Idées du Devoir et j’ai  trouvé dans La Presse une chronique  très pertinente qui permet de constater notre complaisance à l’endroit de l’éducation que reçoivent les petits juifs hassidiques. Je me nourris donc de 5 textes… en plus de ma propre expérience. Vous devriez faire de même, vous informer… c’est pourquoi je recommande d’écrire sur des sujets liés aux chroniques que vous avez critiquées, si c’est possible. Toutefois je trouve encore plus pertinent d’écrire sur un sujet près de vous, lié à l’école par exemple, même si les chroniques que vous avez critiquées ne parlent pas de votre sujet. Dans ce cas, documentez-vous comme vous pouvez (n’oubliez pas la bibliothèque et son personnel compétent!) .

Voici un début de chronique, une ébauche, un brouillon,  j’ai commencé très librement à établir un espèce de dialogue entre un texte paru jeudi et écrit par un juif hassidique et une chronique plus vieille de Rima Elkouri.

…..

Comme vous vous en souvenez sans doute, je m’intéresse aux hassidim , particulièrement (comme enseignant) à la question de l’école. Je suis tombé sur ce texte, «Intégration n’est pas assimilation » dans le Devoir de jeudi, un texte d’opinion d’ Abraham Ekstein, un membre de la communauté hassidique des Satmar. Ce texte s’inscrit dans la saga des autres textes d’opinion publiés sur le sujet et dont j’ai parlé dans la dernière entrée du blogue.

J’ai trouvé ce texte troublant, hypocrite, je vous livre un extrait qui m’a fait sursauter :

Sur ce continent, la communauté juive hassidique est très peu nombreuse. La préservation de notre langue, le yiddish, de notre culture et de notre religion commande une attention toute particulière dans ce monde où la sécularisation de nos sociétés nous amène à revoir constamment nos approches pédagogiques pour que nos enfants en sortent gagnants. Car c’est là notre objectif premier.

En fait, nous accompagnons en ce sens les Québécois qui veulent préserver leur langue et leur culture dans un environnement nord-américain anglophone. Nous sommes, comme vous, un peuple fier qui a survécu pendant des millénaires grâce à la transmission de nos valeurs de génération en génération. Le programme scolaire que nous suivons dans nos institutions religieuses permet à nos enfants de développer leur raisonnement et leur réflexion.

« Que nos enfants en sortent gagnants .» Dans quel sens? Bien sûr que l’on veut que nos enfant en sortent gagnant, qui ne le voudrait pas, mais la comparaisons avec les Québécois est vicieuse, particulièrement quand l’auteur prétend que leur programme scolaire promeut « le raisonnement et la réflexion ». Doit-on se surprendre ? Peut-être les encourageons-nous à penser qu’il y a véritablement un parallèle entre le peuple québécois et les hassidim. À lire une chronique de Rima Elkouri parue dans La Presse en 2008 et intitulée « La vie secrète des hasiidim », je me rends compte que c’est notre propre complaisance qui encourage les gens comme Abraha Ekstein à pousser le bouchon aussi loin.  Une confession d’une mère hassidique à la journaliste permet de comprendre ce qu’on entend par « gagnant »:

Le cocon que se créent volontairement les juifs hassidiques est lié à leur besoin de perpétuer un héritage où les règlements sont nombreux et rigides, me dit Rita. «Pour éloigner les enfants des tentations, il faut qu’il en soit ainsi. Ça a tout à voir avec nos croyances. Ce n’est pas parce qu’il y a quelque chose de négatif chez les autres.»

De quelles «tentations» parle-t-elle au juste? Ça va de la consommation de porc ou d’aliments non casher aux relations sexuelles hors mariage. «C’est tellement courant qu’on n’a pas le choix de protéger nos enfants, dit Rita. Mon fils de 11 ans a vu ses deux soeurs enceintes. Il ne sait pas comment elles sont tombées enceintes, mais il sait que ça arrive juste après le mariage.»

Rita me raconte dans quel embarras elle était quand ses enfants ont entendu dans la rue un homme désigner la mère de ses enfants comme sa girlfriend. «Ils m’ont posé plein de questions! Je leur ai dit qu’il l’avait juste appelée comme ça…»

En même temps, elle prend soin d’expliquer à ses enfants que les règles qui s’appliquent aux hassidim ne s’appliquent pas à tous. «Quand mes enfants me demandent pourquoi le voisin conduit sa voiture le samedi, je leur explique que le voisin n’est pas né juif et qu’il a le droit, lui, de conduire sa voiture le jour du sabbat.»

C’est cela, « la réflexion et le raisonnement ». Je peine à croire, si ces enfants qui deviennent si rapidement des adultes, que la différence dans le comportement d’autrui soit respectée comme étant un « droit », alors que pour le juif hassidique,  c’est une tentation. Forcément, si ce n’est pas parce que l’un des comportements est moralement supérieur à l’autre, alors il doit être possible d’appliquer son raisonnement et sa réflexion sur le sujet, librement. C’est parce que l’on est libre et que l’on croit que notre mode de vie, tout ascétique qu’il soit, est le meilleur pour soi, qu’on choisit de le préserver. Ça n’implique pas que les autres ont tort…

Or il se trouve que les enfants de Rita ont même un diplôme d’études collégiales, mais il est un peu particulier :

Il fut une époque où il était presque impossible pour une majorité de juifs hassidiques de poursuivre des études collégiales ou universitaires. Car dans une communauté repliée sur elle-même où hommes et femmes mènent des vies parallèles, la mixité n’est pas encouragée. Mais depuis 1985, à la demande du ministère de l’Éducation, le cégep Marie-Victorin gère des programmes d’enseignement collégial offerts dans des écoles juives de Montréal. C’est ainsi que les deux filles aînées de Rita ont pu obtenir un diplôme d’études collégiales en techniques d’éducation à l’enfance sans jamais mettre les pieds dans un vrai cégep.

Complètement incohérent, comment peut-on avoir un tel diplôme sans mettre les pieds dans un cégep et se frotter à la vie étudiante « normale »? Il devrait être possible de fréquenter un cégep, après une éducation primaire et secondaire sans perdre son âme. Pourquoi l’État se mêle-t-il d’offrir de l’enseignement collégial sur mesure alors qu’il y a des tas de Cégep sur l’île de Montréal? N’est-ce pas le signe le plus évident que l’enseignement que reçoivent les jeunes juifs hassidiques est complètement inadapté?

N’est-pas le signe d’un endoctrinement évident? Au fond, Rita avait déjà tout dit à Elkouri:

Pour maintenir intact le cocon, pas question pour la majorité des hassidim d’être exposés à la télé, à la radio ou à l’internet. Vous n’écoutez jamais les nouvelles, alors? «Les gens qui veulent écouter les nouvelles le font dans leur voiture.»

Pas question non plus de risquer de manger non casher chez les voisins, aussi sympathiques soient-ils. «Même si on ne leur sert que des fruits, si ces fruits ont été coupés avec un couteau qui a servi à couper le porc, on a un problème.»

Quel genre de problème? Qu’arrive-t-il au juste à celui qui mange un fruit non casher? Question bien rationnelle dans un univers qui ne l’est pas. «On naît dans cette tradition et on y croit, tout simplement. Si ça arrive, il y a un sentiment terrible de culpabilité. On se dit qu’on n’a pas été assez prudent. On sent notre âme souillée et il faudra expier notre faute. Sinon, on sera puni. Et pour la personne qui pèche volontairement, il y a l’enfer.»

My god, l’enfer!!! Comment le choix peut-il être conscient, réfléchit et raisonné? Cette tradition se maintient dans la peur, par la peur. Comme le dit Abraham, « Le décrochage scolaire est presque absent de nos institutions d’enseignement, comme la criminalité d’ailleurs.» Mais les jeunes qui fréquentent ces institutions sont de facto en situation de décrochage, on les a décrochés du programme régulier : ça étudie la  Torah et le Talmud le jour alors que l’on prétend qu’ils vont apprendre  le  programme régulier le soir avec Maman. Maman on la voit, elle a 3,4,5, marmots à surveiller pendant que ces grands sont à l’école. Quel espèce d’enseignement peut-elle bien transmettre, quelque chose qu’elle aura appris dans son cégep à distance?

Fin de l’ébauche…

 

 

 

 

Projet de chronique

 

Pour la semaine 5 (le 19 septembre), vous devrez me remettre la 1ère chronique.

Je vous suggère l’échéancier suivant : du 29 aout au 5 septembre soumettez sur votre blogue un projet.  Indexez des ressources comme d’autres chroniques ou des articles sur le sujet et surtout, une source externe de qualité (livre, film, article, etc.). Du 5 au 12, vous faites une ébauche et vous demandez aussi deux commentaires. Du 12 au 19, vous rédigez le propre. Vous n’avez pas de chronique à critiquer pour la semaine prochaine (congé), mais vous devez en faire une pour le 12.

Demandez à deux collègues de vous alimenter (par les commentaires), de vous proposer d’autres sources (médiatiques, documentaires, culturelles), voire un angle (le sujet = de quoi vous parlez, l’angle  = comment vous allez en parler).

Privilégiez un sujet près de vous, susceptible de vous intéresser et de toucher votre public, d’autres étudiants. Par exemple la question de la «radicalisation» au Cégep Maisonneuve, l’an passé, avait intéressé tout le monde, parce que ça se passait dans un cégep, on pouvait facilement s’identifier.

De mon côté, je m’intéresse beaucoup à l’école

J’ai été très intéressé par cet article du Devoir  du 20 aout, d’abord parce que 20% des enfants auraient des difficultés, ensuite pour tous les autres problèmes que semblent camoufler cette statistique. Ce n’est pas seulement l’école le problème, mais il semble que c’est aussi  un criant problème de société.  J’en ai aussi contre cette approche «client» que l’on semble adopter quand il est question d’éducation. Un reportage complétait le dossier.  Le titre, de son côté mérite une analyse : «à la loterie des enfants en difficultés».

Pour les sources, je me pose des questions sur ces fameux troubles, j’ai donc pensé à ce livre, L’Imposture de la maladie mentale,  d’Alain Bachand, dont Cornellier fait la recension au Devoir.   Je compte écrire pour le cégep, alors j’ai aussi pensé Dans la classe, de Sébastien Mussi .

Peut-être que je pourrais me concentrer sur le TDAH  et sur le cas du collégial, pour ce faire, des textes critiques sur la psychiatrie pourraient être utiles. Je crois qu’il faut aussi que je réfléchisse aux droits de la personne, mais je ne sais pas par où prendre ça…

Un auteur assez calé sur le sujet pourrait me permettre de me faire une tête.

Sa prise de position est claire, il veut en finir avec le dopage des enfants ,  il a écrit sur l’industrie pharmaceutique .  Il semble que l’auteur soir critiqué…  On dirait qu’il faut être fort en «épistémologie», en psychiatrie et en philosophie pour se frotter à ce sujet.

Sinon, comme 2e sujet, toujours près de moi, je me demande ce que l’on attend pour forcer les hassidim à envoyer leurs enfants dans des école «normales». Je pense que l’on nous «niaise» et à cause de la rectitude politique, on ne peut pas parler correctement de ce qui se passe dans ces «écoles».

Beaucoup de lettres sont écrites sur le sujet, mais Le Devoir est étrangement silencieux.

Lettres pour (les écoles «illégales»)  : Pierre Anctil

Lettres contre Pierre Lacerte et Frédéric Bastien  . Je trouve ce sujet plus pertinent que la saga du burkini, je crois assez simplement que la Charte devrait s’appliquer au port d’un vêtement (le burkini est un «wet suit»), tandis qu’il n’y a pas de «droit» à une éducation séparée. Ce que je veux connaitre, par contre, ce sont les détails sur le droit d’étudier à la maison, quelles sont les modalités?

RÉCAPITULONS 

Du 29 au 5 : rédiger le projet

-commentez ceux des autres

Du 5 au 12  : rédigez une ébauche

-commentez ceux des autres

Du 5 au 12 : critiquer une chronique (idéalement avec un lien avec votre sujet), intégrer Baillargeon

Lire PGAI jusqu’à la page 111.

 

 

 

Dubuc ou l’art de rater ses néologismes

Dans sa chronique du 2 juillet intitulée Brexit : un « Bréchec » colossal, Alain Dubuc, Chroniqueur à La Presse, constate l’ampleur « de l’échec » du Brexit.

D’entrée de jeu, il livre ses conclusions : « Les Britanniques ont peut-être choisi le Brexit, mais l’opération est un vaste « Bréchec ». Que veut-il dire par « peut-être »? Peut-être qu’ils ont effectivement pensé que c’était une bonne chose, mais que dans les faits ça n’en est pas une? Peut-être qu’ils n’ont pas choisi le Brexit (ça serait surprenant)? Il y a pourtant une évidence sur laquelle tout le monde s’accorde, ils ont choisi le Brexit…et ils semblent l’avoir fait en toute connaissance de cause.  Mais même cette vérité élémentaire, Dubuc choisit de la pervertir. Ce «peut-être» est un échec, Dubuc se permet un jeu de mot (plutôt douteux) entre échec et «Brexit», lui même une contraction entre exit et Britain». L’« exit » du «brexit» se transforme en «échec» (analogie entre les deux mots : ils sont constitués de deux syllabes qui commencent par «e» et ils se terminent par une consonne).  L’exit et l’échec sont liés jusque dans le style et Dubuc n’a pas à expliquer pourquoi il juge que c’est un échec, il va nous dire « comment c’est un échec ».

« Cela tient en partie »…. C’est ainsi que commence le 2e paragraphe. Dubuc n’a pas à se justifier, il veut nous expliquer les ressorts, pas ses raisonnements. Pourtant, sur le plan de l’argumentation, la chose n’est-elle pas nécessaire? D’abord de quelle opération parle-t-on? Du référendum lui-même, de la campagne? Si l’on remonte à 1993, date à laquelle Nigel Farage a  fondé l’Ukip (dont le but était justement de redonner au Royaume uni son indéprendance), c’est plutôt une réussite. Sans avoir réussi à prendre le pouvoir, l’Ukip a réussi à forcer les Conservateurs à tenir un référendum sur la sortie de l’Union européenne et contre toute attente, ils l’ont gagné. N’est-ce pas aussi une réussite, pour peu que l’on s’intéresse à un temps un peu plus long?  Qu’est-ce donc que « l’opération »? On nous dit que c’est un vaste « échec » voire un échec colossal (voir le titre).  Les lendemains du référendum ne sont-ils pas plutôt une phase d’un processus complexe qui dure depuis plus de 30 ans?

Et si c’était l’échec des élites?  Les élites politiques (Conservateurs et le Labour), les élites économiques (la City), les institutions économiques mondiales (ex. le FMI, la Banque mondiale), des gouvernements étrangers (ex. Obama et évidemment l’EU elle-même) et enfin des médias (BBC, The independant, The Guardian) se sont alignées POUR le « Remain»  sans prévoir que ce n’est pas ce que le peuple voulait (et c’est lui pour l’instant qui a le dernier mot). Naturellement, la situation est temporairement chaotique, comment un pays peut-il être cohérent quand ses élites se trompent à ce point? Le gouvernement Cameron n’a pas prévu les conséquences du référendum sur le Brexit, qu’il était certain de gagner. Ce manque de prévoyance et cette suffisance sont à l’origine de la situation actuelle (une incertitude que l’on aimerait bien comprendre), mais c’est justement l’échec  du pouvoir qui y était opposé, pas du «Brexit».

Dubuc nous dit que l’opération est un « échec », mais c’est justement l’échec d’un camp, de l’élite. Pourquoi l’option elle-même devrait elle être l’objet d’un procès alors que l’incertitude actuelle est la conséquence de la faillite d’acteurs clairement identifiés? N’était-ce par exemple pas aux Médias de talonner le camp Cameron pour s’assurer qu’il était prêt en cas de victoire du Brexit? Donc les maux qui peuvent donner la « gueule de bois » sont peut-être réels, mais la responsabilité quant à ces maux n’incombe pas aux partisans du Brexit ou au Brexit lui-même.

Dubuc, en parlant « d’opération », sans préciser de quoi il en retourne, entretient une confusion qui sert sa thèse, mais on peut se demander où il va chercher les éléments qui justifient que la situation ou le Royaume-uni vit  « plus qu’une gueule de bois »,   plus qu’une soirée trop arrosée » (répétition???), le pays est « désuni », « affaibli »,« humilié», le pays «patauge» ,  «cafouillage pathétique » alors que l’élite politique est « effondrée ». On dirait que l’on parle de la crise grecque, d’Haïti après un tremblement de terre.

En lisant Dubuc, pour peu que l’on soit informé de ce qui se passe au Royaume-uni, on constate un divorce entre les mots et le monde. À titre d’exemple, quelques jours après sa chronique, une nouvelle première ministre et un nouveau ministre des affaires étrangères entraient en fonction. On patauge, c’est un cafouillage pathétique, et le leadership politique serait effondré, vraiment?

Le divorce est d’autant plus évident quand Dubuc parle de «l’Europe » : «Cet échec tient en partie à l’anomalie de ce référendum. Ce processus démocratique, voulu par les adversaires de l’Europe, portait dans les faits sur la sortie de l’Europe, mais a été lancé par un premier ministre pro-Europe. » Chez Dubuc,   il ne s’agit pas de «l’Union européenne », mais bien de « l’Europe ». Pourtant l’Union européenne est un ensemble politico-économique bien précis, qui a ses défauts et c’est contre cet ensemble bien singulier que les Britanniques se sont prononcés, réduire la complexité de ce refus en se servant d’une métonymie, c’est déformer la réalité, voire suggérer que les Britanniques sont chauvins, repliés et isolationnistes, comme s’ils voulaient se «couper de l’Europe»….  au sens du continent et de ses habitants. Les Québécois sont-ils « coupés des Américains ou des Mexicains » parce qu’ils ne sont pas dans une «union politique» avec eux?

Dubuc est beaucoup trop intelligent pour ignorer la pertinence des critiques contre l’Union européenne, on doit donc, si on le suppose instruit et informé, considérer que c’est délibérément qu’il induit ses lecteurs en erreurs. En effet, il est très difficile d’avoir, au Québec, une idée juste du Brexit. Et à moins de pouvoir présenter et réfuter les raisonnements d’Étienne Chouard, lequel a montré à quel point l’Union européenne est régie par une mauvaise constitution,  les médias devraient éviter de déverser de l’opinion sur la question sans offrir au préalable des informations et des analyses pour que l’on comprenne bien les enjeux. Mais à la lumière du vocabulaire qu’emploie Dubuc, il est évident que l’on ne peut pas s’attendre à une exposition honnête de sa part.

L’argument  a des allures de «Goint godwin », mais il est difficile de ne pas voir, dans la rhétorique de Dubuc, une perversion du langage comme le constatait Orwell : « Dans une large mesure, le discours et l’écriture politiques consistent, à notre époque, à défendre l’indéfendable. […] C’est pourquoi le langage politique doit pour l’essentiel être constitué d’euphémismes, de pseudo-banalités et de vaporeuses ambiguïtés. » (PGUI, p.22).

L’Union européenne, à cause de sa constitution et surtout de sa politique monétaire, est un projet antidémocratique et indéfendable. C’est pourquoi Dubuc se garde bien de convier ses lecteurs sur le plan du débat rationnel et informé.